Les Droits de l'Enfant

 "Ayant à l’esprit que, comme indiqué dans la Déclaration des droits de l’enfant, « l’enfant, en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d’une protection spéciale et de soins spéciaux, notamment d’une protection juridique appropriée, avant comme après la naissance»"

Cet extrait du préambule de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant (CIDE) semble, à première vue, "aller de soi", "relever du bon sens", "ne pas porter à discussion"... Rien n'est moins vrai que cela.

L'idée que l'enfance est une période "particulière" de la vie des humains, qu'elle oblige à une attention spécifique de la part de ceux qui sont devenus des adultes, que les besoins de ces "petits d'hommes" nécessitent des réponses collectives appropriées...est, comme le disait Robespierre du bonheur, "une idée neuve".

Cette idée n'est pas une question de "morale individuelle", elle n'est pas liée à l'hypothétique "gentillesse naturelle des enfants" ("L'enfant est un pervers polymorphe" S. Freud).

Cette idée est un projet politique. Comme tel, elle est le fruit d'affrontements, de doctrines, de revendications, de rapports de force, d'avancées "lumineuses" (référence aux philosophes des lumières) et de reculs dramatiques.

Et comme tout projet politique, sa définition, le cadre de sa réalisation, les conditions de son évolution...sont dépendants de la géopolitique, c'est à dire des rapports de force internationaux et à l'intérieur de chaque société. Par conséquent, ils ne sont pas le résultat naturel des richesses "monétaires" de chaque pays. Sinon, pourquoi les Etats-Unis d'Amérique sont-ils le seul pays au monde à ne pas avoir ratifié la CIDE ?

Les droits de l'enfant ne "dépassent" pas la déclaration universelle des droits de l'homme, ne s'opposent pas aux revendications et droits spécifiques des femmes. Ils les prolongent. Ils en sont l'adaptation. Finalement, ils définissent les devoirs des adultes vis-à-vis des enfants. 

Pour cette exposition, j'ai voulu faire un parcours à travers l'histoire de cette "idée neuve". La connaitre, comprendre comment elle s'est imposée et pourquoi elle est toujours menacée.

Et "ma" philatélie dans tout ça ?

J'aime les "vieux papiers" en général, les timbres-poste en particulier. "Militant" des droits de l'enfant, c'est "tout naturellement" que j'essaye de joindre ces deux centres d'intérêt et de mettre "l'un au service de l'autre" et inversement.

L'exposition que vous allez voir est partielle. C'est vrai au niveau philatélique (je refuse de mettre plus d'argent que de raisonable pour acquérir des pièces hors de ma portée financière – exemple : il manque des timbres de la série de 1917 à surtaxe de France dite "1ère série des orphelins"). C'est aussi vrai au niveau des sujets traités, et donc de leur équilibre, en regard de ce qui est contenu dans la CIDE (exemple : peu de matériel illustrant les articles sur la liberté de penser et l'obligation de la prise en compte de la parole des enfants, sujet pourtant très important – demandez donc à tous les enfants dont les parents sont en cours de divorce !).

Elle est partiale. "Mettant en scène" les timbres poste que je possède, elle a, de fait, un fort "tropisme" français qui ne reflète pas l'universalité de cette idée et elle est, de toute façon très dépendante de ce que les Etats (et l'Etat français en particulier) "disent" à travers leurs timbres postes. Enfin, comme toute idée, elle est sujette à interprétation (en l'occurence, la mienne !).